Webjournalisme: ma source s'appelle 72.678.456.393

Trois milliards d'internautes dans le monde. Autant de collaborateurs potentiels pour les journalistes d'investigation. Par Twitter, Facebook, Skype ou Wikileaks, le Net est devenu incontournable pour mener une enquête. Mais avec des sources anonymes et virtuelles, le journaliste doit repenser ses méthodes.

Concert de Muse à Paris - Photo: James Cridland - Licence Creative Commons
Concert de Muse à Paris - Photo: James Cridland - Licence Creative Commons

 

Pour le site Enqueteouverte.info, le crowdsourcing est la règle. Des journalistes professionnels lancent un thème d'enquête (la première, de Tatiana Kalouguine, abordait les dessous des résidences de tourisme) qu’ils rendent publique, afin, non seulement, de la financer, mais aussi d’obtenir des témoignages et des documents "citoyens". Pour Sylvain Lapoix, qui traite actuellement la question des décharges, "un bon sujet pour Enquête Ouverte, c’est un sujet décentralisé, porté par une mobilisation citoyenne, et qui est d’intérêt général". Ou quand le journalisme cherche à toucher le plus grand monde.

capture decran enquete ouverte

 

Si ces initiatives bourgeonnent, c’est que le journalisme d’investigation en ligne n’en est encore qu’au printemps de son existence. Le phénomène ne concerne pas que l'Hexagone. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, et même en Inde, les projets existent depuis longtemps: Themarshallproject.org, Ipaidabribe.com, Helpmeinvestigate.com… Ces sites ont tous le même objectif: faire du citoyen partie prenante d’une enquête.

 

"La collecte des informations est un métier"

Avec l'avènement d'Internet est né le fantasme du "tous journalistes". Sylvain Lapoix reconnaît :

"La démocratisation incroyable des outils a donné l'impression que tout le monde pouvait faire du journalisme."

Mais ce métier ne se résume pas à observer et diffuser. Il faut aussi analyser et hiérarchiser les différentes informations collectées. "La logique d'Enquête ouverte replace le journaliste dans cette position de professionnel. La collecte d'information est un métier", assure Sylvain Lapoix. Tout en le libérant d'une forme de dépendance vis-à-vis des experts. Pour leur enquête sur les décharges publiques, Sylvain Lapoix et Anne de Malleray ont commencé à travailler à partir des témoignages récoltés sur le site pour ensuite établir des recoupements. "En démarrant notre enquête de façon plus traditionnelle, on aurait d'abord sollicité des experts reconnus et institutionnalisés, qui ont déjà leur avis sur la question, puis on aurait confronté ces avis au terrain en récoltant les témoignages des personnes directement concernées", décrit l'enquêteur, passé par Owni.fr et Marianne.

"Avec Enquête ouverte, notre démarche est totalement inverse, on part de la base pour remonter."

Internet permet aussi une collaboration à grande échelle entre journalistes d'investigation. Marc Vanesse, ancien de la RTBF et du quotidien Le Soir, enseigne aujourd'hui le journalisme d'investigation à l'Université de Liège. Il fait remarquer qu'"une enquête comme Offshore Leaks n'aurait jamais pu voir le jour sans internet. Non seulement parce qu'il a permis la libération des données, mais parce que les journalistes réunis dans l'International Consortium of Investigative Journalists n'auraient pu collaborer et traiter cette immense base de données sans internet" .

 

Garantir la sécurité des sources

Réaffirmer son rôle de professionnel, renouveler la façon d'enquêter, favoriser la collaboration entre journalistes à l'échelle internationale. Internet permet donc au journaliste d'investigation de renouveler sa manière de travailler, "mais le vrai changement concerne les sources", affirme Christophe Gueugneau, journaliste à Médiapart responsable Frenchleaks. Inspiré de Wikileaks et créé en 2011, cette plate-forme permet aux internautes de transmettre aux journalistes de Médiapart des documents et des informations de façon totalement anonyme. Cet ancien rédacteur en chef du nouvelobs.fr explique que :

"Grâce à internet, les journalistes sont devenus beaucoup plus accessibles. Les citoyens peuvent facilement et rapidement les contacter pour leur communiquer telle ou telle information."

 

photo

 

Qui dit échanges virtuels, dit aussi renforcement de la sécurité pour protéger le secret des sources. Car sur le web, où n'importe quels échanges, recherches ou connexions sont enregistrés, il faut prendre garde à laisser le moins de traces possible et éviter que les hackers potentiels n'accèdent aux informations transmises ou ne remontent aux sources. Un danger dont les informateurs d'Enquête ouverte ont bien conscience. Sylvain Lapoix se souvient qu'"il y a un mois, au début de l'enquête sur les décharges publiques, les utilisateurs demandaient à ce qu'on ne communique que par des réseaux sécurisés".

À Frenchleaks comme à Enquête ouverte, l'utilisation de Tor est donc un passage obligé. Ce réseau informatique, qui a tout de même ses failles, permet de garantir l'anonymat des internautes en cachant leur adresse IP. Sauf que tout le monde ne connaît pas forcément les trucs et astuces pour conserver le secret de ses incursions sur le web. Pour Sylvain Lapoix, le journaliste doit donc faire œuvre de pédagogie :

"Il faut tenir compte du niveau d'éducation de la source. Lui expliquer que les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook sont des vraies passoires et qu'il faut éviter de s'en servir pour échanger ou transmettre des documents."

Avec internet, maîtriser les outils informatiques est donc un gage de confiance entre le journaliste et ses informateurs.

 

Vers la perte du contact humain ?

Mais cette confiance passe aussi par l’authenticité de la source. Pour Sylvain Lapoix, "on doit se demander quel est l’intérêt de notre interlocuteur à délivrer l’information". C’est là qu’Internet s’avère un peu retors. Sur le web, tout est plus accessible, plus rapidement. Mais le nombre d’informations fausses est également en hausse, et la vérification de l’authenticité d’un document peut s’avérer difficile.

"Le travail de vérification ne change pas, assure Marc Vanesse. Il y a toutefois une accélération. Avec Internet, il y a plus de travail à faire, parce qu’il y a plus de sources. Il faut apprendre à traiter la masse de données".

Comme avec un carnet d’adresses "normal", le journaliste doit arriver à déterminer rapidement en quel internaute il peut avoir confiance.

Ce qui peut s’avérer difficile quand on ne rencontre plus ces sources physiquement, mais que le contact s’établit par ordinateurs interposés. Pour Marc Vanesse, "il y a toujours intérêt à rencontrer les gens physiquement. On sent mieux les gens en vrai. L’essentiel de la communication est non verbale". C’est pourquoi le professeur se refuse de réaliser des interviews par mail et encourage ses étudiants à aller "sur le terrain".

 

L'investigation hors les murs

"Le terrain". La base du journalisme d’investigation. Qui tend à s’éloigner de plus en plus. Encore une fois, la vélocité d’Internet joue des tours aux journalistes.

"Le journaliste n’a plus le temps de rencontrer ses sources, s’alarme Camille Descamps, chercheuse à l’Université Catholique de Louvain. En Belgique, j’ai rencontré des reporters de télévision : ils avaient à peine deux mois pour boucler leur enquête."

Le temps et la rigueur sont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité. Combien d’enquêtes se font désormais depuis un bureau ? Le sociologue Jean-Marie Charon, cité par Aurore Gorius dans Les Nouvelles Voies du Journalisme d’Enquête, s’en inquiète :

"Tout se passe comme si l’enquête, qui nécessite du temps et du reportage, tendait à être sous-traitée à l’extérieur des rédactions."

Sylvain Lapoix abonde dans ce sens : "Une initiative participative comme Enquête Ouverte n’est possible qu’en dehors des contraintes rédactionnelles habituelles." Surtout que de plus en plus de rédactions poussent à être actifs sur les réseaux sociaux. "Pour faire vendre, estime Camille Descamps. Si on fait de l’investigation pour ne pas être lu, cela ne sert à rien. C’est pareil à la télévision. En Belgique, l’émission "Devoir d’Enquête", de la RTBF, attire les critiques en privilégiant les sujets un peu sexy, à la limite du voyeurisme, pour faire de l’audimat. On pourrait attendre autre chose de la part d’une chaîne publique."

En un mot, les indépendants ont du temps, mais peu d’argent. Les rédactions disposent – encore un peu – de financements, mais travaillent dans l'urgence. Dans cet entre-deux, ce brouillard où tout est possible mais rien n’est certain, rien de tel qu’un retour aux méthodes de travail habituelles pour y voir plus clair. Et c’est Marc Vanesse qui synthétise le mieux la situation :

"Pour faire court, Internet est beaucoup plus compliqué à gérer que les méthodes traditionnelles, mais les principes de base restent les mêmes. Et le terrain a toujours raison."

 

Crowdsourcing, késako ?

Littéralement, le crowdsourcing, c'est l'"approvisionnement par la foule". Un terme inventé en 2006 par Jeff Howe et Mark Robinson, rédacteurs à Wired Magazine, dans un article intitulé The rise of crowdsourcing.

Faire appel aux compétences et aux connaissances d'une communauté d'amateurs pour réaliser des tâches, élaborer un projet, résoudre des problèmes, voilà l'utilité du crowdsourcing dont se servent aussi bien les entreprises que la NASA.

Du côté du journalisme, cette pratique consiste à demander aux internautes de se manifester s'ils disposent d'informations et/ou de documents sur tel ou tel sujet. Ce que font des sites comme Enqueteouverte.info et rue89.fr. Owni.fr, le pionnier du crowdsourcing en France a lancé en 2010 le projet Géocalisons les bureaux de vote.

Chez les Anglosaxons, le crowdsourcing est utilisé par des sites d'investigation comme helpmeinvestigate.com et a permis au Guardian de révéler l'affaire des notes de frais des ministres britanniques. Et de l'autre côté de l'Atlantique cette nouvelle façon d'enquêter se développe aussi, avec des projets comme the Marshall project et Propublica.

Fanny Laison et Lucas Desseigne

decryptage

industrie

Enquête à livre ouvert

Enquête à livre ouvert

Frustrés par la cadence et le manque d'espace dans leurs journaux, un nombre croissant de journalistes ont choisi le livre pour publier leurs investigations. Certaines tomberont dans l'oubli, d'autres feront les gros titres. Trois enquêteurs-écrivains et une éditrice nous révèlent leurs secrets de fabrication.

Lire la suite...

Journalisme d'investigation: et après?

Journalisme d'investigation: et après?

Mediator, sang contaminé, écoutes de la NSA : quand ces affaires sont publiées, le scandale éclate... et après? Quelques semaines, quelques mois, quelques années plus tard, que reste-t-il de ces enquêtes? Le Mediator : un exemple de l'effet de la pression journalistique

Lire la suite...

L'avocat au secours du journaliste

Etre journaliste d'investigation, c'est souvent jouer avec le risque du procès. Et pour éviter la condamnation, avant de publier une enquête, l'aide d'un avocat peut s'avérer utile.

Lire la suite...

L'enquête, un défi pour la presse locale

L'enquête, un défi pour la presse locale

Quels sont les moyens alloués aux journalistes de la presse locale pour enquêter ? La Fabrique de l'info est partie à la rencontre des rédacteurs qui tentent d'apporter une plus-value à leur Quotidien.

Lire la suite...

L'investigation à la marseillaise

L'investigation à la marseillaise

A Marseille, les journalistes qui souhaitent faire de l'investigation rencontrent de nombreux obstacles. Qu’ils soient indépendants ou qu’ils rédigent pour un quotidien régional, ils font face aux mêmes difficultés et tentent de franchir les barrières dressées sur leur route dans un même but : dévoiler le côté obscur de la ville.  

Lire la suite...

Petit écran : coup de projecteur sur l'investigation

Le 15 septembre 2014, l’émission d’investigation En quête d’actualité, diffusée sur D8, a été épinglée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour son reportage intitulé " J’ai infiltré une section du Front National", tourné en caméra cachée pendant la campagne municipale d’Hugues Sion à Lens (Pas-de-Calais). La polémique a relancé le débat autour de la légitimité des procédés d’investigation à la télévision, et interroge également la crédibilité des journalistes ainsi que la mise en scène de ces enquêtes.

Lire la suite...

Polynésie française: journalistes sous contrôle

Polynésie française: journalistes sous contrôle

Derrière les images de cartes postales, la Polynésie française cache les difficultés des journalistes à exercer leur profession. Sur ces îles du Pacifique faisant partie intégrante de la République française, la presse n'est pas aussi libre qu'on pourrait le penser. Promiscuité, pressions ou connivence, enquête sur les conditions d'exercice du journalisme d'investigation à 18 000 km de la métropole.

Lire la suite...

Quand les journalistes enquêtent sur le journalisme

"J’ai un excellent souvenir de cette enquête: L’Équipe, j’y allais tous les jours, j’étais comme à la maison". Le journaliste David Garcia a pris deux ans pour enquêter sur L’Équipe, quotidien sportif de référence. Une investigation impossible? "Ça n’a pas été l’enquête la plus difficile de ma carrière, mais la plus prenante". Un milieu fermé? "Tous les journalistes ont été bavards". Des méthodes différentes? "Ce sont exactement les mêmes méthodes, les mêmes techniques. Sauf que les journalistes m’ont ouvert leur rédaction".

Lire la suite...

Sport: l'investigation à la limite du hors-jeu?

Sport: l'investigation à la limite du hors-jeu?

Corruption, dopage, paris truqués… Le milieu du sport ne manque pas de zones d’ombres. Autant de sujets potentiels sur lesquels travailler pour des journalistes d’investigation. Pourtant, la place réservée à ces enquêtes est réduite à portion congrue. La presse spécialisée, proche des acteurs, ne semble pas vouloir s’en emparer. Pour les médias généralistes, enquêter sur les affaires du sport n’est pas non plus une évidence…

Lire la suite...

Webjournalisme: ma source s'appelle 72.678.456.393

Webjournalisme: ma source s'appelle 72.678.456.393

Trois milliards d'internautes dans le monde. Autant de collaborateurs potentiels pour les journalistes d'investigation. Par Twitter, Facebook, Skype ou Wikileaks, le Net est devenu incontournable pour mener une enquête. Mais avec des sources anonymes et virtuelles, le journaliste doit repenser ses méthodes. Concert de Muse à Paris - Photo: James Cridland - Licence Creative Commons

Lire la suite...

“Etre journaliste d’investigation, c’est accepter que ta vie soit sur écoute, violée”

“Etre journaliste d’investigation, c’est accepter que ta vie soit sur écoute, violée”

Ils ont six cartes SIM, annulent leurs vacances la veille du départ pour obtenir une information, retrouvent leurs poubelles fouillées, leurs pneus crevés. En s’attaquant entre autres aux narcotrafiquants et aux secrets d’Etat, les journalistes d’investigation deviennent des cibles. Leur entourage aussi.  

Lire la suite...

Face aux lobbies: comment les journalistes déjouent «la fabrication du doute»

Face aux lobbies: comment les journalistes déjouent «la fabrication du doute»

Bisphénol A : rarement un polluant n’a été si présent dans notre environnement. Les industriels en raffolent… mais sa toxicité semble avérée et ses fabricants n’ont pas l’intention de le laisser interdire. Des journalistes et des écrivains ont enquêté sur ce produit qui disent-ils "nous intoxique". Décryptage.

Lire la suite...

Journalistes et ONG au cœur de l'enquête

Journalistes et ONG au cœur de l'enquête

Le journalisme d'investigation sur les multinationales est confronté à de nombreux défis à l'heure d'une économie mondialisée dans lequel les flux financiers circulent aux quatre coins de la planète. Le conflit qui oppose les habitants de Santa-Cruz de Barillas dans le nord du Guatemala à une entreprise espagnole d'hydro-électricité est emblématique de ces nouvelles évolutions.

Lire la suite...

Nestlé : le géant qui murmure

Nestlé : le géant qui murmure

"Un Empire en Afrique", "Un Empire dans mon assiette", "Nestlé, le business de l’eau en bouteille" ou "Les Alimenteurs" sont autant de documentaires télévisés qui fouillent les intentions du premier groupe agroalimentaire au monde Nestlé. Comment ces journalistes enquêtent-ils sur les multinationales de l’agroalimentaire? Nestlé répond-il aux demandes des journalistes?

Lire la suite...

Comment enquêter sur l'État islamique?

Comment enquêter sur l'État islamique?

Pénétrer au cœur de l’État islamique représente pour tout journaliste un défi qui frôle l’impossible. Mais Medyan Dairieh, journaliste palestinien, y est parvenu. Pendant dix jours, il a filmé pour Vice News les combattants du groupe djhadiste à Rakka, en pleine Syrie, le pays le plus meurtrier pour les reporters. Forts de leur expérience sur le terrain, David Thomson et Hala Kodmani pointent les qualités et les insuffisances de ce reportage unique.

Lire la suite...

Écoute-moi si tu peux

Écoute-moi si tu peux

“L'espionnage gratuit, à portée de tous” selon Yann Saint-Sernin, voilà ce qui nous tend les bras. Le journaliste de Sud-Ouest a réussi très facilement à mettre sur écoute Yves Harté, le directeur de l'information du journal, avec son consentement. Les écoutes ne sont donc plus l’apanage de la NSA, de la CIA ou du MI-6, mais disponibles pour tous, journalistes y compris. Tous écoutés et tous écoutants, alors ? Et les journalistes souffrent-ils, voire même, utilisent-ils ces nouvelles méthodes

Lire la suite...

El Mundo: chien de garde muselé?

El Mundo: chien de garde muselé?

  El Mundo, deuxième quotidien généraliste le plus lu, se présente comme le fier tenant du journalisme d’investigation en Espagne. Le titre a révélé des affaires qui ont étrillé les sphères du pouvoir et des finances. Aujourd’hui, le journal est dans l’œil du cyclone de la crise financière, et sa crédibilité est de plus en plus remise en cause.

Lire la suite...

Enquêtes sans frontières: la France à l’écart

Avril 2013, une étrange organisation fait la une des médias. Au détour des révélations du Monde sur la participation de Jean-Jacques Augier, l’ancien trésorier de campagne de François Hollande, dans des sociétés offshores, les journalistes français semblent découvrir l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ).

Lire la suite...

Filières jihadistes: comment enquêter?

Filières jihadistes: comment enquêter?

Mercredi 16 octobre 2014, un Marocain résidant en France est arrêté à l’aéroport de Casablanca alors qu’il tentait de rejoindre Daesh par la Turquie avec ses deux petites filles.

Lire la suite...

Journalisme et services secrets, les liaisons dangereuses

Journalisme et services secrets, les liaisons dangereuses

Le journalisme d'investigation s'évertue a révéler l'information cachée, secrète. Sur son chemin, il croise parfois la route des services secrets. Quels rapports entretiennent deux professions qui – finalement – travaillent la même matière : l'information ? Rencontre avec les journalistes qui évoluent en terrain miné.

Lire la suite...

L'Éléphant Déchaîné: tentatives d'investigations en Côte d'Ivoire

L'Éléphant Déchaîné: tentatives d'investigations en Côte d'Ivoire

Devanture d'un vendeur de journaux. Devant la "titrologie", les Ivoiriens aiment se réunir pour commenter l'actualité.   "C'est extrêmement dangereux, nous sommes pratiquement au quotidien menacés de mort, menacés d'enlèvement. On reçoit des mails, souvent très précis, sur notre vie, sur nos enfants. Donc, le contexte n'est pas très favorable à ce genre de journalisme."

Lire la suite...

Les 11 commandements de l'État islamique aux journalistes

Le 7 octobre, Syria Deeply, un pureplayer spécialisé dans le conflit syrien, publiait une liste de onze règles édictées par l’État islamique à l’attention des journalistes de la région de Deir-al-Zour. Ignacio Cembrero, du quotidien espagnol El Mundo, spécialiste du djihadisme, décrypte pour La fabrique de l’info ces “Onze commandements” :

Lire la suite...

Patrick Denaud : le journaliste devenu agent secret

Patrick Denaud : le journaliste devenu agent secret

Journaliste et agent secret, un dangereux mélange des genres. Patrick Denaud, caméraman aguerri, plonge dans l'univers des services secrets au début des années 90. Il y collabore jusqu'en 2002 sous couverture de journaliste. Une histoire hors norme.

Lire la suite...

Sénégal: quand le fils du président met à l'épreuve le journalisme d'investigation

Sénégal: quand le fils du président met à l'épreuve le journalisme d'investigation

Karim Wade, le fils de l'ancien président du Sénégal est soupçonné d'enrichissement illicite. Il comparait à l'automne 2014 devant la justice. Entre le début de l'affaire et la tenue du procès, la presse d'investigation sénégalaise fut au centre d'une série de révélations sur le sujet.Travail d'enquête, sources, pressions et autocensure. État des lieux du journalisme d'investigation au Sénégal par le prisme de l'affaire Wade.

Lire la suite...